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La controverse de Valladolid (1992)

Historique | 90 Min | France

Réalisateurs : Jean-Daniel Verhaeghe

Infos sur le film

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Synopsis

Au XVIème siècle, soixante ans après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, le roi Charles Quint convoque une assemblée sous l’égide du légat pontifical, afin de débattre de la question fondamentale : les indigènes indiens ont-ils une âme (sont-ils des hommes) ? De la réponse doit découler l'arrêt ou non de l’esclavage dont ils sont alors les victimes. La controverse voit s'affronter le point de vue conservateur du chanoine Juan Ginés de Sepúlveda et celui humaniste du dominicain Bartolomé de Las Casas. L’Église accepte l’accession des indiens au statut d’être humain, mais l'issue de cette controverse en forme de procès légitime, du point de vue du légat du pape, et malgré les protestations de Las Casas, l'esclavage des noirs.

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Un peu d'histoire :


La controverse de Valladolid est un débat politique et religieux qui s'est déroulé en Espagne au milieu du XVIème siècle pour déterminer les règles permettant de dominer et convertir les Amérindiens du Nouveau Monde. Il fit cesser temporairement la colonisation de l'Amérique par la monarchie espagnole.



Organisé par Charles Quint sous le pontificat du pape Jules III, le débat réunit des théologiens, des juristes et des administrateurs du royaume espagnol, afin de « traiter et parler de la manière dont devaient se faire les conquêtes dans le Nouveau Monde, suspendues par lui, pour qu'elles se fassent avec justice et en sécurité de conscience». Il opposa essentiellement le dominicain Bartolomé de Las Casas et le théologien Juan Ginés de Sepúlveda en deux séances d'un mois chacune (l'une en 1550 et l'autre en 1551) au collège San Gregorio de Valladolid, mais principalement par échanges épistolaires.


La question était de savoir si les Espagnols pouvaient user de leur « droit de conquête » pour coloniser le Nouveau Monde et pour dominer et convertir les « indigènes » (les Amérindiens), ou si les peuples amérindiens étaient légitimes et que les Espagnols devaient donc se limiter à une colonisation - émigration. La pratique institutionnelle du sacrifice humain observée dans les civilisations précolombiennes a été utilisée comme justification morale du droit de conquête au détriment de la diffusion de la morale chrétienne par l'exemple.



Vingt-quatre ans avant la controverse de Valladolid, en 1526, Charles Quint avait déjà pris un décret interdisant l'esclavage des Indiens, sur tout le territoire de son empire et, en 1542, l'empereur avait promulgué les « lois nouvelles » qui proclamaient la liberté naturelle des Indiens (et obligeaient à la remise en liberté des esclaves), la liberté du travail, la liberté de résidence et la libre propriété des biens, punissant ceux qui seront violents ou agressifs envers les Indiens. Treize ans avant la controverse de Valladolid, en 1537, dans la bulle pontificale Sublimis Deus et dans la lettre Veritas ipsa, le pape Paul III avait déjà condamné officiellement, au nom de l'Église catholique, l'esclavage des Indiens, « d'autres peuples encore qui sont parvenus à notre connaissance ces temps-ci » (Veritas ipsa) et de « tous les autres peuples qui peuvent être plus tard découverts par les Chrétiens » (Sublimis Deus). Dans ces deux documents, Paul III affirme, que les Indiens et les autres peuples sont de « véritables êtres humains » (Veritas ipsa), que leur liberté et leur propriété doivent être respectées « même s'ils demeurent en dehors de la foi de Jésus-Christ » (Sublimis Deus), et que ces derniers doivent être « invités à ladite foi du Christ par la prédication de la parole de Dieu et par l'exemple d'une vie vertueuse » (Veritas ipsa).


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