Des rayons et des ombres retrace le destin du patron de presse Jean Luchaire, homme de gauche devenu une figure emblématique de la collaboration durant la Seconde Guerre mondiale. Arrêté en Italie, il est condamné à mort et fusillé en février 1946. Quelques mois plus tard, sa fille aînée Corinne, qui s'était enfuie avec lui, comparaît devant la Chambre civique du département de la Seine, et est condamnée à dix ans d'indignité nationale.
Un peu d'histoire :
Jean Louis Gabriel Luchaire, né le 21 juillet 1901 à Sienne (Italie) et mort fusillé le 22 février 1946 au fort de Châtillon, était un journaliste et patron de presse français. Son nom reste associé à la politique collaborationniste en raison de son rôle sous l'Occupation, après avoir été pacifiste dans l'entre-deux-guerres.
En 1930, Jean Luchaire fait la connaissance d'Otto Abetz, alors social-démocrate[3], et noue avec lui une amitié durable. En liaison avec ce dernier, l'équipe de Notre temps participe aux rencontres franco-allemandes du Sohlberg en Forêt-Noire (juillet-août 1930), de Rethel dans les Ardennes (août 1931) et de Mayence (mars 1932)[6]. Ces rencontres donnent naissance au Comité d'entente des jeunesses pour le rapprochement franco-allemand, présidé par Jean Luchaire. Malgré le changement de régime intervenu en Allemagne avec l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en 1933, Luchaire s'obstine dans la conviction que l'établissement d'une paix définitive passe par une politique de conciliation entre les deux pays.
La défaite de la France dans la bataille de 1940 rapproche encore davantage Luchaire et Abetz, devenu alors ambassadeur du Troisième Reich à Paris. En novembre 1940, Luchaire fonde le journal collaborationniste Les Nouveaux Temps avec l'aide d'Abetz[9] et occupe dès lors une place considérable dans la presse parisienne. Fidèle au gouvernement de Vichy, il devient le président de l'Association de la presse parisienne, en 1941, et préside la Corporation nationale de la presse française.
Rosita Luchaire, dite Corinne Luchaire, est une actrice française, née le 11 février 1921 dans le 16e arrondissement de Paris, où elle est morte le 22 janvier 1950.
Elle est à l'affiche d'une dizaine de films sortis entre 1935 et 1940. Sa carrière s'interrompt du fait d'une tuberculose contractée vers 1940, dont elle meurt dix ans plus tard, alors qu'elle était sur le point de reprendre sa carrière.
Durant l'Occupation, elle fréquente les milieux collaborationnistes dans la foulée de son père, le journaliste Jean Luchaire, fusillé en 1946. Elle a diverses liaisons, dont un mariage très bref et une fille avec un officier allemand. Elle tente de se suicider à deux reprises, puis devient la secrétaire de son père et fuit avec sa famille à Sigmaringen à la fin de la guerre. Incarcérée à Fresnes, elle est finalement condamnée à dix ans d'indignité nationale en 1946.